1843. L’Alþing est restauré. Le jour est historique pour l’Islande, qui, après des siècles de domination danoise retrouve un peu d’autonomie. L’Alþing, plus vieux parlement du monde, avait été fondé en 930 sur les terres de Þingvellir, et supprimé en 1800 par les danois. Au XIXème siècle, il est donc restauré et déplacé à Reykjavík qui devient de facto la capitale de l’île.
Il faut attendre 1881 pour le parlement s’installe enfin dans le bâtiment qu’il occupe toujours aujourd’hui. Il est situé, faut-il y chercher un symbole, sur la place Austurvollur, qui était à l’origine l’un des près du premier colon islandais Ingólfur Árnason.
Conçu par un architecte danois, Ferdinand Meldahl, l’Alþing reste simple : relativement petit (1 étage seulement), et construit en pierre de lave qui donne aux murs cette couleur noire. Les pierres ont fait le court voyage depuis la colline Skólavörduholt, surplombée aujourd’hui par la cathédrale Hallgrímskirkja.
Des bas-reliefs ornés d’esprits protecteurs surplombent chaque fenêtre de la façade : un géant, un oiseau, un taureau et un dragon.
L’Alþing est avant tout un bâtiment public. L’assemblée s’y réunit pour ses sessions parlementaires : 63 députés sont élus tous les 4 ans pour représenter le peuple. Ils détiennent le pouvoir législatif, tout comme en France, mais également le contrôle financier : toutes les dépenses de l’état sont ainsi rendues publiques.
L’Alþing a voté certaines des plus importantes décisions de l’histoire de l’Islande et parmi elles, entre autre, le vote à bulletin secret en 1908, le droit de vote des femmes en 1915, et surtout, la proclamation de la République d’Islande un certain 17 juin 1944. Une indépendance proclamée symboliquement à Þingvellir, le site fondateur de l’Alþing.
La place Austurvollur est donc sans doute la plus chargée d’histoire de Reykjavík. Proche de l’Alþing se trouve en plus l’ancienne cathédrale, et la statue de Jón Sigurðsson, un homme politique qui joua un grand rôle dans la reconquête de l’indépendance au XIXème siècle.