Après l'indépendance


Après la guerre, la nouvelle république se met en place doucement, relance son économie, entre de plein-pied dans le monde moderne. Et va connaître sa première grosse crise en 1949.

Les islandais sont en grande majorité pour que leur pays reste neutre. La présence sur leur sol de soldats américains, même après la fin de la guerre, faisait déjà grincer beaucoup de dents. L’adhésion à l’OTAN va créer des émeutes. Au moment du vote par le parlement, des manifestants de gauche contre l’adhésion se heurtent aux militants de droite pro-OTAN à l’extérieur du bâtiment.
Lorsque quelques "anti" jettent des œufs et des pierres sur l’Alþing, c’est l’escalade. Une bagarre générale éclate. Toute la nuit, Reykjavík est le théâtre de ces affrontements entre manifestants et police, sans toutefois grands dommages. Quelques émeutiers sont arrêtés et emprisonnés, mais cette journée restera comme une cicatrice dans l’histoire de la République d’Islande.

16 ans plus tard, les rues de Reykjavík sont une nouvelle fois envahies, cette fois par des milliers de femmes. Le 24 octobre 1975, les femmes font grève, et viennent défiler dans les rues de la capitale. Toutes cessent le travail pour montrer à tous l'influence des femmes sur la vie économique du pays. L’expérience est un succès et sera répétée 10 ans plus tard, jour pour jour. À ce moment là, Vigdís Finnbogadóttir est présidente de la république depuis 5 ans.


Reykjavík grandit. L’exode rural est très fort dans le pays, et la capitale peine à absorber toute la population qui vient s’installer. Les banlieues s’étendent. Entre 1940 et 1960, sa population double, passant de 38.000 à plus de 70.000. Le cap des 100.000 est franchi au début des années 1990. Aujourd’hui, Reykjavík compte 118.000 habitants. La ville a gagné plus de 100.000 habitants en moins d’un siècle.

Reykjavík est désormais une véritable capitale, qui tient son rang dans le concert des nations. Pour preuve, le sommet organisé entre Reagan et Gorbatchev en 1986 dans la maison Hofði. Une rencontre capitale pour le dégel des relations américano-russes en cette fin de guerre froide.

14 ans plus tôt, en 1972, un autre russe et un autre américain s’étaient déjà rencontré dans la capitale du nord : Boris Spassky et Bobby Fisher y ont disputé un championnat du monde d’échec. C’est "le match du siècle", et le dernier championnat du monde officiel de Bobby Fischer. Poursuivi par la police de son pays depuis le début des années 1990, il trouve refuge en Islande en 2005 pour finalement y mourir en janvier 2008, après avoir obtenu la nationalité islandaise.


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