De 874 au XVIIIème siècle, Reykjavík n’est pas une ville. Quelques fermes se partagent l’espace. Notamment une, légèrement à l’intérieur des terres. C’est une terre médiocre, pas très grande, occupée par des gens pauvres. Au XVème siècle, les sources la mentionnent pour la première fois sous le nom de árbær. Elle est alors propriété des moines de Viðey, une île située en face dans le fjörd.
1550, la Réforme. Les moines perdent tout. La ferme revient au représentant du Roi danois. L’oppression sur le petit peuple est plus forte que jamais. Les temps sont durs. Et les richesses sont réduites.
"Le pré est méchamment rocailleux et inégal. Le pâturage est très petit... la tourbe suffisante pour la construction des bâtiments est en voie de manquer pour faire du feu " (cadastre 1703-1707 ; Árni Magnússon – Páll Vídalín).
Outre leurs travaux personnels, les fermiers devaient travailler pour le Roi, pêcher, participer à la fenaison... et en aucun cas, ils n’avaient le droit de pêcher pour eux les saumons dans la rivière proche.
En 1704, Arbær cesse d’être une ferme comme les autres.
La ferme est alors occupée par deux familles. D’un côté Sæmundur Ðórarinsson, avec sa femme Steinunn et ses 3 enfants. De l’autre, Sigurður Arason et sa mère.
Steinunn et Sigurður tombèrent amoureux. Et la femme demanda à son amant d’éliminer son mari. Un jour de sortie pêche, Sigurður frappe Sæmundur par derrière, et le pousse dans la rivière. Il signale alors la disparition de son voisin.
Mais le corps est retrouvé le lendemain. Et il ne ressemble pas au corps d’un noyé. Il n’est pas gonflé. Sæmundur est mort sur la terre ferme. Pressé de questions, et de rumeurs, Sigurður fini par craquer. Il avoue le meurtre. Il est condamné à mort, ainsi que Steinunn, et les deux amants sont exécutés à Kópavogur, non loin de là. L’un décapité, l’autre noyée.
Mais comme disent les annales : les deux se repentirent bien et moururent bien.
Une histoire digne des plus grandes sagas.