
Un îlot vert, rue Suðurgata (la rue du sud), à deux pas du lac Tjörnin. Le vieux cimetière de Reykjavík est l’endroit le plus boisé de la capitale. Les tombes en vieilles pierres s’y confondent souvent avec les arbres.
Depuis 1838, entouré de ses grilles en fer forgé, sur le flanc d’une petite colline, ce cimetière offre à ses visiteurs cette sensation d’être hors du monde. Entouré par le silence des arbres, entouré par des pierres tombales centenaires, souvent gravées de runes. Dans la partie la plus ancienne, les chemins finissent par disparaître sous les tombes, qui elles-même disparaissent sous la végétation.

Ce cimetière est surtout connu en France pour sa stèle commémorative en l’honneur des pêcheurs d’Islande, ces marins français venus exploiter l’or islandais, le poisson, et qui n’ont jamais revu leur terre natale. L’artiste Ríkarður Jónsson a gravé dans la pierre en 1952 quelques mots du livre de Pierre Loti "Pêcheurs d’Islande" : "Il ne revint jamais. Une nuit d'août, là bas, au large de la sombre Islande, au milieu d'un grand bruit de fureur, avaient été célébrées ses noces avec la mer". Une citation en français, et en islandais.
Plusieurs marins français sont enterrés sous la stèle.
Et disséminées au cœur de centaines de tombes quasi-anonymes, aux épitaphes élimées, quelques grands noms, notamment Jón Sigurðsson, grand indépendantiste islandais.
Ce cimetière de Hólavallagarður est une parenthèse paisible. Autour, les petites maisons aux toits multicolores prolongent cette paix et ce calme ambiant. Et à quelques centaines de mètres de là, la vie urbaine reprend son cour.