Au milieu du XVIIIème siècle, Reykjavík n’est qu’un minuscule hameau, étouffé par son puissant voisin Bessastaðir (situé sur la péninsule juste au sud), siège du gouvernement danois.
Un homme va lancer la machine, et faire de Reykjavík la plus grande ville islandaise : Skuli Magnússon (1711-1794). Il est le premier islandais nommé gouverneur de l’île en 1749. Et il va changer les choses, notamment en ce qui concerne le commerce avec les danois. N’hésitant pas à aller à la confrontation, il réussi à négocier des mesures pour un commerce équitable. Mais il veut aller plus loin : améliorer nettement la vie de ses compatriotes, notamment en développant l’industrie locale.
Le Roi le soutient dans sa démarche, et lui offre des terres à Reykjavík. En 1752, c’est le grand chambardement. Ce petit village rural voit s’implanter des ateliers notamment de tissage, de tannage, de production de lignes de pêche ainsi que de sel et de sulfates. Skuli améliore également la productivité des fermes. Les pommes de terres notamment vont être introduites pour la première fois sur l’île en 1758. 30 ans plus tard, 167 habitants peuplent Reykjavík. Désormais, une ville.
En 1798, Reykjavík devient le centre de l’Islande. Le parlement quitte Þingvellir pour s'y installer. Reykjavík devient de facto la capitale. 2 ans plus tard, l’Alþing est dissout. Il faudra attendre 48 ans, 1848, pour qu’il soit restauré, et installé cette fois de manière définitive sur les bords de la baie des fumées. La population atteint désormais près de 1000 habitants.
1874, Reykjavík entre dans une nouvelle ère. L’Islande fête les 1000 ans de la colonisation. Des célébrations majestueuses sont organisées. À cette occasion, le Roi du Danemark fait le déplacement et offre un peu d’autonomie au pays avec une nouvelle constitution. Le nouveau gouvernement danois s’installe à Reykjavík.
À cette époque, le pays est en pleine progression. Partout, des écoles ouvrent. Un phare est construit sur la péninsule de Reykjanes, au sud de Reykjavík. Le premier hôpital du pays s’implante dans la capitale en 1866, des ponts, des routes sont construits... Conséquence immédiate : la population croît de manière exponentielle. En un siècle, Reykjavík gagne 5000 habitants.
Au début du XXème siècle (1906) Reykjavík est même relié au monde. Une ligne de télégraphe lie la capitale à Akureyri et Seyðisfjörður, elle même reliée aux Féroé, et donc au continent.
À l’orée de la première guerre mondiale, Reykjavík est sans conteste la capitale omnipotente de l’Islande avec 11.000 habitants déjà en 1910.
Et l’Islande est en marche vers son indépendance.