Même sans être le théâtre d’affrontements, l’Islande souffre de la Première guerre mondiale. Abandonnée par le Danemark, forcée de vendre son poisson au plus bas prix au Royaume-Uni, l’île connaît en plus un hiver 1917 des plus rigoureux.
Finalement, en 1918, le gouvernement islandais obtient du Danemark une autonomie avec l’Union Act : le Royaume d’Islande, membre de la couronne du Danemark, est proclamé le 1er décembre 1918. A cette occasion, une cérémonie est organisée à Reykjavík. Symboliquement, le drapeau danois est enlevé du siège du gouvernement, remplacé par le drapeau islandais. L’Islande est maître de son destin. Seul les affaires étrangères restent aux mains de la couronne danoise.
Dans l’entre-deux-guerres, l’Islande doit, comme tout pays européen, essayer de se reconstruire économiquement parlant, notamment après le crack de 1929. Pour donner un nouvel élan à l’atout maître de son économie, la pêche, le port de Reykjavík est modernisé. Pour la première fois, le poisson peut-être congelé.
Reykjavík voit aussi l’apparition des premières automobiles, environ 300. Petit à petit, l’Islande sort de la misère et rattrape son retard sur les pays continentaux. En 1937, une nouvelle étape est franchie avec la première liaison aérienne : Reykjavík-Akureyri. C’est le début d’Icelandair, la plus grande compagnie aérienne islandaise de nos jours encore.
La seconde guerre mondiale va bouleverser la vie des Islandais. Le 10 mai 1940, un navire militaire mouille en face de Reykjavík. Les anglais débarquent. Ils veulent protéger l’Islande et empêcher les allemands de prendre pied sur cette terre à haute valeur stratégique. La population accueille ces nouveaux venus, bien que les soldats soient bientôt aussi nombreux que les habitants dans Reykjavík.
Les alliés vont également améliorer de façon substantielle les infrastructures islandaises, notamment dans la capitale : routes, baraquements, aéroports... sont construits avec l’aide de la population locale. Non seulement l’Islande se modernise, mais le chômage disparaît presque du jour au lendemain.
Les Anglais finissent par passer le témoin aux USA en juillet 1941. Avec eux, des bulldozers, des jeeps, et beaucoup d’argent. Ils s’installent à Keflavík, pas loin de la capitale.
Le gouvernement doit, lui, gérer la guerre, l’indépendance qui se profile, et une relative instabilité politique. Mais finalement, le 17 juin 1944, après un référendum, l’Islande proclame son indépendance. Reykjavík devient la capitale de la nouvelle république islandaise.